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Introduction

Bonjour,

Je suis un Geek du Sud Est de la france et je me passionne depuis quelques temps pour les nouvelles formes de démocratie.

Aux Européennes 2014, j'ai milité pour la liste Démocratie Réelle.

Je suis convaincu que les nouveaux paradigmes du net (écriture collaborative, décentralisation, accès à l'information pour tous, culture open source) bouleversent nos rapports au savoir, et donc au pouvoir.

Elles mettent à mal des institutions vieillissantes, qui ne représentent plus personne et échouent systématiquement à répondre aux enjeux majeurs : - écologiques - économiques - sociétaux

Nous pouvons nous inspirer de ces nouveaux paradigmes, et utiliser ou inventer des outils numériques pour construire une vraie démocratie, qui permettrait aux citoyens de se faire entendre et de reprendre en main la nation pour construire eux même un avenir durable.

Une démocratie malade

Notre régime politique est malade, à bout de souffle : - Une défiance sans précédent du peuple français vis à vis de la classe politique (24% de confiance !) - Une classe politique largement crapuleuse, faite de copinages et de conflits d'intérêt - Une abstention record, d'autant plus importante que l'enjeu est important, et "lointain" - La souveraineté populaire attaquée de toute parts : De la trahison du référendum de 2005, aux traités économiques (TAFTA, TISA, et cie) ratifiés par nos "représentants", contre notre avis, qui sacrifient ainsi la puissance nationale sur l'autel du Dieu libre-échange.

La cause des causes : l'impuissance politique du peuple

On pourrait se lancer dans un débat sans fin, fustiger tel ou tel homme politique, tel ou tel parti. On pourrait aussi placer tout nos espoirs dans un super-homme / super-parti providentiel; voter encore une fois sur la base de promesses, pour être déçu une nouvelle fois.

Mais ce serait s'attaquer aux conséquences, et ne pas voir l'essentiel : Le problème est systémique, il est inscrit dans nos institutions, dans notre constitution et dans le principe même de l'élection.

L'abandon de la politique aux seuls politiciens et la désignation par le peuple de "représentants" est l'une des causes fondamentales de nos problèmes.

Je laisse Etienne Chouard vous exposer ce raisonnement mieux que je ne pourrais le faire, dans cette video de 17 minutes

Personnellement, c'est cette vidéo qui m'a réveillée politiquement.

Des médias complices

Les médias de masse jouent un rôle majeur dans l'impuissance populaire. Ils sont largement contrôlés par les pouvoirs en place, politiques ou financiers : Soit détenus directement par de grands groupes industriels, dépendant des revenus publicitaires ou encore des subventions de l'état.

Ils relaient la pensée dominante, ridiculisent ou gardent sous silence les voix dissonantes, les idées alternatives. Ils jouent aussi le jeu des partis politiques : relayant les luttes de pouvoir internes, les manœuvres politiciennes, les combats d'ego: passant au second plan les débats d'idées et les enjeux politiques de notre temps.

De nouveaux paradigmes

Pourtant, depuis quelques années, de nouvelles manières de s'informer et d'interagir avec l'information (et donc le pouvoir) émergent.

  • Les wikis et autres outils de crowd sourcing permettent d'agréger et de diffuser un savoir normalement réparti / diffus.
  • Les réseaux sociaux permettent à des inconnus, géographiquement lointains, de se rencontrer et de se fédérer autour d'intérêts communs
  • Les blogs permettent à des journalistes ou amateurs indépendants de faire entendre des voix alternatives
  • La culture Open Source établit la recherche du bien commun et le partage comme de puissants moteurs de motivation et les impose comme leviers alternatifs au seul profit
  • Le Crowd Funding (ou financement participatif), permet à des projets ambitieux ou innovants de ne plus dépendre du bon vouloir des dépositaires du capital, et d'être financés par le plus grand nombre
  • Les monnaies virtuelles (BitCoin entre autres) permettent des échanges d'argent, à la fois anonymes et publiques (transactions publiées sur le réseau), en dehors du contrôle des banques et des états.

On peut lire, en dénominateur commun à toutes ces évolutions, une volonté de déstructuration de la hiérarchie en place, une indépendance vis à vis d'intermédiaires devenus obsolètes ou néfastes (médias de masse, banques, ...), bref, une décentralisation / démocratisation généralisée.

La ligne de crète : Libéralisme contre démocratie forte

Certains aspects de cette déréglementation semblent hélas aller dans le sens de la disparition de l'état (au sens de l'expression de la souveraineté populaire) dans une logique de libéralisation économique, et par là même, vers une défaite du contrat social; la victoire de la somme des intérêts privés face a l'intérêt général.

Je vois aussi dans ces nouvelles pratiques, dans ces nouveau outils, une opportunité unique de reconstruire un état fort, fortement démocratique (et donc légitime), dans lequel les règles et les lois émergeraient de la base. Seul un état fort pourrait nous protéger des ravages du libéralisme déraisonné et s'opposer aux immenses puissances de l'argent.

En particulier, les logiques de décentralisation pré-citées, appliquées à la politique, se traduiraient par une dilution du pouvoir, porteuse de nombreuses vertues : - Limitation du pouvoir des lobbys et de la corruption : il est plus difficile de contrôler l'opinion de chaque citoyen que de corrompre quelques élus, ou détenir une poignée de grands médias - Repolitisation du corps social : réappropriation par les citoyens de la chose politique, comme une participation active dans les choix de la nation et une implication dans les enjeux d'avenir, plutôt que la politique politicienne de carrière, perdue dans des luttes d'ego et de partis - Émergence facilitée de contre-pouvoirs : Garants de la bonne santé d'une démocratie

De nouveaux outils

En plus de ces évolutions de moeurs, le numérique met à notre disposition de nouveaux outils puissants. Ces nouveaux outils nous permettent déjà un contrôle accru des élus et l'exercice (hélas encore uniquement virtuel) d'une démocratie véritable. Citons en vrac : - La plateforme nos-députés.fr permet de suivre en temps réel les débats et les votes de l'assemblée, pour tous les dossiers en cours. Elle permet aussi aux citoyens de réagir et d'interpeler les députés. - Sur le forum du blog du plan C des centaines de citoyens contribuent à l'écriture collaborative d'une meilleure constitution. - Sur loomio, des communautés peuvent organiser des prises de décision rapides, et voter en ligne. - La plateforme GGouv.fr est un réseau social d'un nouveau genre conçu pour l'émergence d'initiatives démocratiques locales.

A venir

Mais tout reste encore à inventer.

Les nouvelles technologies nous donne une opportunité unique de construire des formes de gouvernance nouvelles, qui partent de la base et s'affranchissent d'intermédiaires devenus inutiles : A nous d'en faire émerger de nouvelles institutions plus légitimes, plus justes et plus dynamiques.

Au fil de ce blog, je reviendrais sur ces différents points et exposerais quelques idées concrètes pour mettre le numérique au service de la démocratie.